Sur L’Épopée du Saint Louis de Pierre Le Moyne
Introduction, Notes et Extraits
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Narrated by:
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Virtual Voice
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By:
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Laila Fares
This title uses virtual voice narration
Virtual voice is computer-generated narration for audiobooks.
L’approche des antécédents tendait à cerner la naissance du concept de l’héroïque et à en poursuivre le développement dans le parcours pré-épique, dans les rapports sociaux que le Père Pierre Le Moyne entretenait avec la noblesse et la cour de Louis XIII et de Louis XIV. Il s’ensuivit une certaine familiarité, permettant de mettre l’accent sur une aisance naturelle de pensée et d’écriture, de déceler une dignité caractéristique de l’honnête homme qui guidait la plume d’or de l’auteur du Saint Louis, lequel s’évertuait à prêcher à sa façon, à écrire pour une société et dans une société à laquelle il était, non pas un intrus, mais un membre bienvenu ; une société à laquelle il appartenait amicalement en toute dignité en tant qu’homme d’honneur toujours sollicité pour ses conseils, recherché pour son intelligence conciliatrice et respecté pour sa poésie créatrice d’harmonie entre le haut et le bas, entre le riche et le pauvre, entre le ciel et la terre, entre Dieu et les hommes. Cette approche d’étude sociétale des facteurs ambiants, des antécédents, établie pour aplanir le terrain à l’entreprise de l’épopée, visait un objectif de réhabilitation ayant pour effet majeur d’innocenter la réputation de l’un des plus grands poètes que la France ait engendré et que les charges accusatrices du jansénisme avaient indéniablement, mais non pas irrémédiablement, touché. Il ne pouvait être question de motivation, chez le Jésuite, dictée par l’ambition. La tâche de restituer l’image populaire de l’auteur telle qu’elle se trouvait chez le public du XVIIe siècle devait donc être pour le moins prioritaire. Cette image fut obnubilée à outrance par les préjugés conséquents aux attaques diverses, elle fut défigurée tant et si bien par les échos que ces attaques suscitèrent et les surenchères qu’elles impliquèrent, qu’il n’en restait presque plus aucune authenticité et celle qui circula depuis lors eut de moins en moins de ressemblance avec l’originale. Cependant il serait toujours possible, en les analysant, d’excuser des invectives plus tardives, comme celles d’un La Harpe par exemple, qui, par sa fonction d’enseignant et en fonction du régime de la terreur dans les débuts de la révolution devait avoir du mal à prendre goût à une lecture que le patriotisme révolutionnaire ostracisait, dont il devait montrer le caractère démodé et y forger des absurdités de texte hors contexte, tandis que la seule absurdité était plutôt celle de l’emplacement côte à côte de deux contextes répulsifs. Le résultat de cette confrontation contextuelle à deux siècles de distance plaçait le contexte au lieu du texte et figurait le texte au lieu du contexte. « Mais La Harpe, écrit Logé Tanguy, après sa conversion dans les prisons de la Terreur, entreprendra aussi une Louisiade : il s’agira alors de célébrer un fils infortuné de saint Louis, Louis XVI, le roi-martyr. » ‘Baroque et classicisme : le XVIIIe siècle face au Père Le Moyne’ in Studi Francesi 103, XXXV, Torino. 1991. (p. 25-34), p. 29, n. 33.
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