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By: Choses à Savoir
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  • Qu'est-ce que le surgreffage qui transforme le vin rouge en vin blanc ?
    Mar 24 2026

    À Bordeaux, une technique discrète intrigue de plus en plus : le surgreffage. Elle permet, en quelques mois seulement, de transformer une vigne produisant du raisin rouge en vigne donnant du raisin blanc. Une sorte de “changement d’identité” végétal, bien réel — mais sans magie.

    Pour comprendre, il faut rappeler que la couleur du vin ne dépend pas du sol ni du climat, mais du cépage, c’est-à-dire de la variété de vigne. Or chaque pied de vigne est constitué de deux parties : le porte-greffe (les racines, souvent résistantes aux maladies) et le greffon (la partie aérienne, qui produit les raisins). C’est ce greffon qui détermine la couleur et les arômes.

    Le surgreffage consiste à remplacer ce greffon sans arracher le pied. Concrètement, on coupe le tronc de la vigne existante, puis on insère un nouveau greffon — par exemple un cépage blanc comme le sauvignon blanc — sur un pied qui produisait auparavant du merlot ou du cabernet. Le système racinaire reste intact, mais la partie supérieure change. Résultat : dès la saison suivante, la vigne peut produire des raisins… blancs.

    Pourquoi faire cela ? Principalement pour des raisons économiques et climatiques. À Bordeaux, la demande en vins rouges a tendance à diminuer, tandis que celle pour les vins blancs progresse. Replanter entièrement un vignoble prend du temps — souvent 3 à 5 ans avant une production significative. Le surgreffage, lui, permet de gagner un temps précieux : la vigne étant déjà adulte, elle repart plus vite.

    Il y a aussi une logique d’adaptation au changement climatique. Certains cépages rouges, comme le merlot, souffrent davantage de la chaleur et de la sécheresse. Passer à des cépages blancs, parfois plus adaptés, devient une stratégie pour maintenir la qualité et l’équilibre des vins.

    Techniquement, l’opération demande un vrai savoir-faire. La greffe doit être précise pour que les tissus cicatrisent correctement. Le moindre défaut peut compromettre la reprise. Mais lorsqu’elle réussit, le taux de reprise est élevé et la transformation spectaculaire.

    Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le vin ne “devient” pas blanc à partir d’un raisin rouge. On change simplement la variété produite par la plante. Le surgreffage est donc une solution rapide, pragmatique et de plus en plus utilisée pour faire évoluer les vignobles sans repartir de zéro.

    Une manière, en somme, de réécrire l’avenir d’un terroir… sans en changer les racines.

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  • Comment différencier le mistral et la tramontane ?
    Mar 23 2026

    Mistral ou tramontane ? Deux vents célèbres du sud de la France, souvent confondus, mais pourtant bien distincts si l’on sait où regarder.

    Première différence : leur zone d’influence. Le mistral souffle principalement dans la vallée du Rhône et en Provence, de Lyon jusqu’à la Méditerranée, notamment vers Marseille. La tramontane, elle, concerne surtout le Languedoc et le Roussillon, autour de Perpignan et jusqu’aux Pyrénées. Autrement dit, ils ne frappent pas exactement les mêmes régions.

    Deuxième élément clé : leur trajectoire. Le mistral descend du nord, canalisé par la vallée du Rhône, ce qui accélère sa vitesse. Il arrive donc du nord ou du nord-ouest. La tramontane, elle, souffle plutôt du nord-ouest, en passant entre le Massif central et les Pyrénées, comme dans un couloir naturel. Dans les deux cas, le relief joue un rôle d’“entonnoir” qui renforce la puissance du vent.

    Troisième différence : leur origine météorologique. Le mistral apparaît généralement lorsqu’une zone de haute pression s’installe à l’ouest (souvent vers l’Atlantique) et une dépression vers l’est (Italie ou Méditerranée). L’air est alors aspiré vers le sud, créant ce flux rapide et froid. La tramontane repose sur un mécanisme assez proche, mais implique souvent une dépression sur le golfe du Lion et un anticyclone sur l’Atlantique, ce qui accentue un flux nord-ouest plus direct.

    Côté sensations, ils partagent plusieurs caractéristiques : ce sont des vents froids, secs et violents. Ils peuvent dépasser les 100 km/h, surtout en hiver et au printemps. Mais le mistral est particulièrement réputé pour dégager le ciel : après son passage, la lumière devient d’une clarté exceptionnelle, typique de la Provence. La tramontane aussi assèche l’air et nettoie le ciel, mais elle est souvent perçue comme plus irrégulière, avec des rafales parfois très brusques.

    Enfin, leur impact culturel diffère légèrement. Le mistral fait partie intégrante de l’imaginaire provençal, évoqué par les peintres et les écrivains. La tramontane, elle, est presque une identité climatique du Roussillon, parfois associée à une forme de rudesse du paysage.

    En résumé : mistral à l’est du Rhône, tramontane plus à l’ouest ; mistral venant du nord, tramontane du nord-ouest ; deux vents cousins, mais ancrés dans des géographies distinctes.

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    2 mins
  • Rediffusion - Pourquoi Jean-Henri Fabre est-il un génie ?
    Mar 20 2026

    Jean-Henri Fabre, surnommé « l’Homère des insectes », est une figure fascinante de la science du XIXe siècle. Né en 1823 dans une modeste famille de l’Aveyron, il grandit en pleine nature, développant très tôt une passion pour l’observation du monde vivant. Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir l’un des plus grands entomologistes de son temps.


    Issu d’un milieu pauvre, Fabre doit se battre pour apprendre. Élève brillant mais sans moyens, il suit des études grâce à une bourse et devient instituteur. Curieux de tout, il étudie en autodidacte la physique, la chimie et surtout l’histoire naturelle. Son appétit insatiable pour la connaissance le pousse à mener des expériences dans des conditions rudimentaires.


    Mais ce sont les insectes qui captivent le plus son attention. Contrairement aux scientifiques de son époque, qui se contentent de classifier les espèces, Fabre veut comprendre leur comportement. Il passe des heures à observer les scarabées, les guêpes fouisseuses et les araignées, notant avec une précision remarquable leurs habitudes et stratégies de survie. Ses expériences, souvent réalisées dans son propre jardin, révèlent des faits stupéfiants. Il découvre, par exemple, comment certaines guêpes paralysent leurs proies avec une incroyable précision, ou comment les insectes utilisent des signaux chimiques pour communiquer.


    Son approche, basée sur l’observation directe et l’expérimentation, est révolutionnaire pour son époque. Mais son indépendance et son refus des dogmes scientifiques lui valent aussi des critiques. Pourtant, il ne se décourage pas. Il publie ses travaux sous une forme accessible, notamment dans son œuvre majeure, « Souvenirs entomologiques », une série de dix volumes où il raconte avec un talent littéraire rare ses découvertes sur la vie des insectes.


    Reconnu tardivement, Fabre reçoit les éloges de Darwin lui-même, qui admire la rigueur de ses observations. Il finit par obtenir une reconnaissance mondiale, bien qu’il ait toujours vécu modestement, loin des cercles académiques.


    Jean-Henri Fabre meurt en 1915, laissant derrière lui un héritage scientifique immense. Son approche sensible et rigoureuse de la nature a ouvert la voie à l’éthologie moderne, et ses écrits continuent d’émerveiller aussi bien les scientifiques que les amoureux de la nature. Un autodidacte de génie qui nous rappelle que la curiosité et la passion peuvent faire avancer la science bien plus que les diplômes.


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