• «Ici, tout le monde ment»: un thriller nordique de Johana Gustawsson et Thomas Enger où les apparences sont trompeuses
    Mar 28 2026
    Christine Calmeau nous présente le polar “Ici, tout le monde ment” de Johana Gustawsson et Thomas Enger, publié chez Calmann-Lévy Noir. Le roman met en scène Kari Voss, spécialiste du comportement et du langage corporel qui aide la police d’Oslo à détecter les mensonges. Mais Kari porte une blessure intime : la disparition inexpliquée de son fils, sept ans plus tôt.

    Lorsqu’on retrouve mortes deux adolescentes, Eva et Hedda, dans une maison de vacances au bord d’un fjord, l’affaire prend une dimension personnelle : les deux jeunes filles étaient les meilleures amies de son fils disparu. Un suspect est rapidement arrêté et avoue le crime, mais Kari doute. En observant les gestes, les regards et les silences, elle sent que quelque chose ne correspond pas.

    Convaincue qu’un lien existe avec la disparition de son fils, elle reprend l’enquête dans un environnement où chacun semble cacher une part de vérité. Un polar sombre et tendu, premier tome d’une série annoncée.

    Chronique 25:

    Avec “Successions – l’argent, le sang et les larmes”, Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider lèvent le voile sur un moment décisif de la vie des grandes fortunes françaises : la transmission du pouvoir.

    Christine Calmeau nous propose cette semaine “Successions – l’argent, le sang et les larmes” de Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, publié au Livre de Poche. Dans cette enquête très documentée, les deux journalistes plongent dans les coulisses des grandes dynasties du capitalisme français — Arnault, Bettencourt, Bolloré, Bouygues, Lagardère, Pinault ou encore JCDecaux.

    Le livre s’intéresse à un moment crucial : celui de la transmission du pouvoir lorsque le fondateur d’un empire doit préparer sa succession ou disparaît. Derrière les grandes fortunes et les grandes entreprises se dévoilent alors des rivalités familiales, des questions de légitimité et parfois des conflits profonds entre héritiers.

    À travers ces histoires bien réelles, l’ouvrage montre que la succession n’est jamais uniquement une affaire d’argent : elle touche aussi aux relations familiales, aux ambitions et aux blessures anciennes. Une enquête passionnante qui se lit presque comme un roman.
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  • «L’incident Helsinki» d’Anna Pitoniak : Espionnage, finance internationale et secrets familiaux
    Mar 22 2026
    Christine Calmeau nous présente le roman “L’incident Helsinki” d’Anna Pitoniak, publié chez Gallimard dans la collection Série Noire. L’histoire suit Amanda Cole, une agente de la CIA en poste à l’ambassade américaine de Rome. Sa mission bascule lorsqu’un officier russe affirme qu’un sénateur américain doit être assassiné par les services secrets russes. Peu après, ce sénateur meurt officiellement d’une crise cardiaque.

    Troublée, Amanda enquête et découvre des documents évoquant des manipulations financières orchestrées par Moscou… ainsi qu’un nom inattendu : celui de son propre père, également agent de la CIA. Elle se retrouve alors face à un doute vertigineux : son père pourrait-il être une taupe ?

    Le roman mêle espionnage, finance internationale et secrets familiaux, autour d’une question centrale : jusqu’où peut-on aller pour défendre son pays lorsque la vérité menace ceux qu’on aime ?
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  • «Finistère» d’Anne Berest : une traversée bouleversante de la mémoire familiale - Critique littéraire
    Mar 14 2026
    Comme chaque samedi, Socha retrouve Christine Calmeau, fidèle au rendez-vous pour partager son coup de cœur lecture de la semaine. Aujourd’hui, direction la Bretagne avec Finistère, le nouveau roman de Anne Berest, paru chez Albin Michel.

    Dès la rentrée littéraire de septembre, Christine avait été profondément touchée par ce texte, qui se lit comme une promenade en terre bretonne autant qu’une plongée dans la mémoire familiale. Finistère remonte le fil d’une lignée paternelle, à travers les générations, les souvenirs fragmentaires et les secrets enfouis, pour tenter de comprendre ce qui se transmet… même lorsque les mots ont manqué.

    Le récit s’ouvre au début du XXᵉ siècle, dans une Bretagne âpre, où la terre est rude et les hommes profondément attachés à leurs valeurs. Le point de départ, c’est Eugène, l’arrière-grand-père de l’autrice. Fondateur d’une coopérative agricole, il défend les paysans, lutte contre l’injustice, incarne une figure d’engagement et de résistance. Mais c’est aussi un homme réservé, presque distant, dont l’ombre traverse les générations.

    Et c’est là que le roman déploie toute sa richesse : Anne Berest ne s’arrête pas à un seul portrait. Elle fait vivre un arbre généalogique entier, avec ses branches solides, ses cassures, ses nœuds douloureux. La narration traverse un siècle d’Histoire — guerres, ruptures, choix politiques — mais aussi les silences familiaux, ceux qui pèsent parfois plus lourd que les paroles.

    Au cœur du livre se dessine un lien central : celui entre une fille et son père. Un père discret, pudique, presque insaisissable. Et une fille qui cherche à comprendre qui il est, qui il a été, à travers les traces laissées… ou précisément celles qui manquent. Une enquête intime, menée sans plainte ni nostalgie appuyée.

    Au contraire, Finistère est traversé par une grande tendresse, une pudeur constante. Anne Berest interroge ses origines avec délicatesse et rend un hommage discret mais bouleversant à ces figures masculines qui ont peu parlé, mais profondément marqué. Ce roman touche juste parce qu’il nous renvoie à nos propres héritages, à ces compréhensions tardives qui surgissent en avançant en âge, en devenant parent à son tour, ou lorsque le temps semble se resserrer.

    L’écriture, enfin, est à l’image du propos : élégante, fluide, sans fioriture. Anne Berest ne cherche jamais l’effet, seulement la justesse. Et c’est précisément ce qui rend cette lecture si belle, si sincère, si universelle.
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  • «Les fleuves du ciel d’Elif Shafak» : une odyssée poétique entre mémoire, eau et transmission - Critique littéraire
    Mar 7 2026
    Comme chaque samedi, Socha retrouve Christine Calmeau pour son coup de cœur lecture. Aujourd’hui, place à un roman foisonnant et profondément émouvant : Les fleuves du ciel, le dernier ouvrage de Elif Shafak, paru chez Flammarion.

    Écrivaine d’origine turque installée à Londres, Elif Shafak est reconnue pour ses récits ambitieux et sensibles, où se croisent histoire, identité et mémoire. Avec Les fleuves du ciel, elle compose une grande fresque intergénérationnelle, portée par un élément universel et vivant : l’eau. Trois destins, trois époques, trois trajectoires reliées par le cours imprévisible des fleuves.

    Le roman s’ouvre à Londres, en 1840. Arthur, jeune orphelin doté d’une mémoire prodigieuse, travaille comme apprenti dans une imprimerie. Tandis que la Tamise borde son quotidien, son imaginaire s’ouvre peu à peu vers un autre fleuve mythique, lointain et fascinant : le Tigre.

    Changement d’époque et de décor : nous voilà en 2014, en Turquie. Naryn, une petite fille yézidie, traverse avec sa grand-mère des terres meurtries longeant le Tigre. Leur espoir : atteindre la vallée sacrée de leur peuple afin que l’enfant y soit baptisée. Un voyage fragile, empreint de foi, de mémoire et de survie.

    Enfin, retour à Londres, à notre époque. Zaleekhah, hydrologue passionnée par la mémoire de l’eau, vient de s’installer sur une péniche après l’échec de son mariage. En quête de reconstruction, elle voit son existence bouleversée par la découverte d’un livre mystérieux, intimement lié à ses origines.

    Comment ces destins se rejoignent-ils ? Christine se garde bien de le révéler. Les fleuves du ciel est un roman qui se savoure lentement, mêlant histoire, géographie, poésie et spiritualité. Elif Shafak y célèbre l’eau qui coule, qui relie les êtres et les cultures, qui efface parfois, mais surtout qui conserve la mémoire des hommes. Une véritable odyssée poétique, confirmant Elif Shafak comme l’une des grandes conteuses de notre temps.

    On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau coup de cœur lecture.

    Fini les souffles fatigués des vieux magnétophones, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les imperfections d’hier.
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  • «Caledonian Road» d’Andrew O’Hagan : une fresque sociale magistrale dans le Londres contemporain - Critique littéraire
    Feb 14 2026
    Comme chaque samedi, Socha retrouve Christine Calmeau pour son coup de cœur lecture. Cette semaine, direction Londres, avec un roman ambitieux et foisonnant : Caledonian Road, signé par Andrew O’Hagan et publié chez Métailié.

    Auteur écossais majeur, plusieurs fois nommé au Booker Prize, Andrew O’Hagan est reconnu pour son regard d’une grande finesse sur la société contemporaine. Avec Caledonian Road, il compose une vaste fresque sociale, dense et lucide, qui ausculte les tensions, les contradictions et les illusions de notre temps.

    Nous sommes à Londres, en 2021. Campbell Flynn est historien de l’art, respecté et médiatique. Il vient de connaître un succès retentissant avec sa biographie de Vermeer. Né dans un quartier populaire de Glasgow, il a pourtant épousé une cousine de la famille royale. Progressiste convaincu, homme cultivé, Campbell pense avoir définitivement laissé derrière lui les menaces de son enfance.

    Erreur fatale. Car il ne voit pas non plus que le monde autour de lui est en train de basculer. Commence alors une lente et implacable descente aux enfers, à la fois personnelle et morale. Autour de lui gravitent une multitude de personnages : politiciens, artistes, activistes, migrants, profiteurs… Tous se croisent dans les artères de Londres, là où la richesse côtoie la précarité, où le capitalisme triomphant révèle aussi ses failles et son déclin.

    Christine se garde bien de dévoiler comment Campbell résistera — ou non — à cette année fulgurante. Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est que Caledonian Road évoque un Dickens moderne, sans concessions, montrant comment l’argent, le pouvoir, la politique et les rêves individuels finissent par fissurer les existences. Près de 700 pages portées par un humour grinçant, une énergie constante et une satire sociale redoutablement efficace. Un roman dense, impossible à lâcher.

    On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle proposition de lecture.

    Fini les grésillements des vieux postes à lampes, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les désagréments de l’époque.
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  • «Moscou X de David McCloskey» : un thriller d’espionnage saisissant au cœur du pouvoir russe - Critique littéraire
    Feb 7 2026
    Comme chaque samedi, Socha retrouve Christine Calmeau pour parler livres. Cette semaine, cap sur un thriller d’espionnage redoutablement efficace : Moscou X, signé par David McCloskey, et publié aux éditions Verso.

    Encensé par la critique internationale, élu meilleur thriller de 2024 par le Financial Times et le Sunday Times, Moscou X doit beaucoup à l’expérience de son auteur. Ancien analyste de la CIA, McCloskey nous entraîne dans les coulisses du renseignement mondial, au cœur des rapports de force internationaux. Le résultat est saisissant : un roman dense, précis, d’un réalisme troublant… et terriblement actuel.

    Au fil des pages, nous suivons deux agents de la CIA : Sia Fox et Maximiliano Castillo. Leur mission est aussi risquée qu’explosive : entrer en Russie sous couvert d’une transaction commerciale afin de recruter l’un des piliers financiers du pouvoir russe, un homme très proche de Vladimir Poutine. Une opération qui, si elle réussit, pourrait semer le chaos jusqu’au sommet du Kremlin.

    À première vue, Sia travaille pour un cabinet d’avocats à Londres, tandis que Max gère un haras familial au Mexique — une couverture utilisée par la CIA depuis les années 1960, spécialisée dans l’élevage de pur-sang d’exception. Ensemble, ils devront se faire passer pour un couple afin d’approcher un autre duo clé : Vadim Kovaltchouk, banquier privé et financier parallèle du régime, et son épouse, Anna Agapova.

    Mais rien ne se déroule comme prévu. Ce que la CIA ignore, c’est qu’Anna est elle-même un agent du SVR, le renseignement russe. Dès lors, l’infiltration devient un jeu de dupes périlleux, où chaque regard, chaque parole peut trahir. McCloskey décrit avec une précision glaçante les méthodes, les stratégies et les zones d’ombre de ce monde secret, dans un récit où la tension ne faiblit jamais.

    Moscou X n’est pas seulement un thriller haletant : c’est aussi une réflexion fine sur la guerre froide moderne, sur les équilibres fragiles entre Washington et Moscou, et sur les vengeances silencieuses qui se jouent loin des caméras. Un roman qui accroche, qui inquiète parfois, et qui se dévore jusqu’à la dernière page.

    Très bientôt, Christine Calmeau reviendra avec un nouveau coup de cœur lecture.

    Fini les crachotements des vieilles cassettes, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les désagréments d’hier.
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  • «Le Compromis de Long Island» de Taffy Brodesser-Akner : le Grand Roman américain couronné en 2025 - Critique littéraire
    Jan 31 2026
    En ce samedi dédié à la lecture, Socha retrouve Christine Calmeau pour un coup de cœur couronné par l’un des prix les plus prestigieux de l’année : le Grand Prix de littérature américaine 2025. Le roman s’intitule Le Compromis de Long Island, signé par Taffy Brodesser-Akner, journaliste au New York Times Magazine, révélée au grand public avec Fleishman a des ennuis, adapté en série.

    Publié chez Calmann-Lévy, ce deuxième roman est une fresque familiale ambitieuse qui traverse quarante années de l’histoire d’une dynastie juive américaine. Au programme : traumatismes enfouis, argent omniprésent, désirs inassouvis et ambitions parfois dévorantes.

    Tout commence le 12 mars 1980. Carl Fletcher, homme d’affaires prospère de Long Island, est enlevé alors qu’il part travailler. Un choc brutal pour son épouse Ruth, enceinte, et pour leurs fils. Si Carl est finalement libéré après le versement d’une rançon, rien ne sera jamais vraiment réparé. Quarante ans plus tard, à la mort de la grand-mère Phyllis, l’ombre de cet enlèvement continue de hanter chaque membre de la famille.

    À travers le clan Fletcher, Taffy Brodesser-Akner observe avec une lucidité redoutable — et un humour souvent mordant — les ravages silencieux de l’argent. Celui qui promet la protection devient illusion, masque, parfois poison. Les blessures demeurent, les failles se creusent. L’auteure dissèque avec finesse les contradictions de ses personnages : leurs échecs amoureux, leurs désillusions professionnelles, leurs obsessions intimes.

    On sourit devant la maladresse des uns, l’arrogance des autres, avant de reconnaître, dans chaque trajectoire, une part d’humanité désarmante. De l’après-Seconde Guerre mondiale à nos jours, Le Compromis de Long Island s’impose comme une satire sociale subtile, une grande saga familiale, dense, intelligente, parfois cruelle, mais toujours juste. Un roman ample, traversé d’éclairs de lucidité sur l’identité, le trauma et la quête de sens.

    La semaine prochaine, Christine Calmeau reviendra avec un nouveau coup de cœur lecture.

    Fini les craquements des vieux 45 tours, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les petits défauts du passé.
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  • «Je suis né du diable» de Jean-Christophe Grangé : l’autofiction troublante d’un maître du thriller - Critique littéraire
    Jan 24 2026
    En ce samedi de lecture, Socha retrouve Christine Calmeau pour un coup de cœur singulier. Un livre inattendu, signé par l’un des grands noms du thriller français, Jean‑Christophe Grangé, mais qui s’aventure ici loin des codes du polar.

    Intitulé Je suis né du diable et publié chez Albin Michel, l’ouvrage surprend d’emblée. Habitué aux fresques sombres et haletantes — Les Rivières pourpres, Congo Requiem — Grangé choisit cette fois l’autofiction. Une écriture de soi, brute et troublante, où le réel et le romanesque se confondent.

    Tout part d’une question qu’on lui pose inlassablement : « D’où vous viennent des idées pareilles ? ». À force de l’entendre, l’auteur s’interroge. Et si cette violence créatrice puisait sa source dans l’enfance ? Il remonte alors aux origines, à la figure paternelle : un père presque absent, mais décrit comme colérique, manipulateur, jusqu’à une scène glaçante que le livre évoque — et que le lecteur découvrira, saisi.

    Pour raconter cette histoire, Grangé convoque plusieurs voix : la sienne, bien sûr, mais aussi celles de sa mère, Michèle, et de sa grand-mère, Andrée. Des femmes auxquelles il rend un hommage bouleversant. Car ce récit n’est pas seulement une descente dans l’ombre : c’est aussi une déclaration d’amour et de gratitude envers celles qui l’ont protégé, porté, et offert une enfance lumineuse malgré le chaos.

    Je suis né du diable est une exploration intime où la réalité dépasse parfois la fiction. Un texte puissant, viscéral, qui serre la gorge et ne lâche plus le lecteur, longtemps après la dernière page.

    On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle proposition de lecture.

    Fini les craquements des vieilles bandes magnétiques, Nostalgie+, c’est le meilleur des 60’s et des 70’s sans les défauts du temps.
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