Poésie en musique Podcast Por Abdelghani Boudik arte de portada

Poésie en musique

Poésie en musique

De: Abdelghani Boudik
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Je suis Abdel. Non-voyant, j’écris assis par terre, les écouteurs vissés aux oreilles, guidé par la voix de moins en moins mécanique de mon lecteur d’écran. Je ne supporte pas que les poèmes restent immobiles : je les attrape, je les secoue, je souffle dedans. Parfois ça grésille, parfois ça casse, mais toujours ça respire. On croit qu’un poème ne peut pas être Groovy? Moi je montre l’inverse. J’ai entendu Hugo sonner comme du folk américain et Du Bellay résonner en métal symphonique. Alors je sais que la poésie n’est pas un musée : je veux l’arracher au calme mortel des anthologies et la balancer contre les murs d’aujourd’hui. Écoutez, si ça vous dit. 📧 Un poème à risquer ? → poesieenmusique@gmail.com ⚠️ Sur Spotify, la musique est coupée. Retrouvez-moi ailleurs (Apple Podcasts, overcast, deezer etc.) pour swinguer sur Victor Hugo.Qulturea Arte Historia y Crítica Literaria Música
Episodios
  • Louise Labé — baise m’encore
    Apr 15 2026

    La chaleur s’accroche au plafond, lourde, presque huileuse. Le rideau colle au mur, le tissu sent la sueur et le vin renversé. Sur la table, un miroir fêlé découpe la lumière en éclats de peau. Le drap, chiffonné, garde la marque d’un genou et la trace humide d’une bouche. Une mouche tourne autour du verre ébréché, obstinée, minuscule témoin du désordre.

    « Baise m’encor, » — la phrase revient, sans timbre, comme un spasme qu’on retient mal. Elle se le souffle, plus bas, pour sentir la vibration sur sa langue. Tout brûle : la gorge, le ventre, le souvenir. Le corps réclame son dû, et la pudeur n’est plus qu’une chemise froissée au pied du lit. Elle donnerait encore quatre baisers pour un, pour sentir le feu s’ancrer dans la chair.

    Mais soudain la voix se raidit. Je ne veux pas qu’on me prenne pour celle qui attend. Elle se redresse, nue dans la lumière sale. Aimer trop fort, c’est encore un crime quand c’est une femme qui parle. Qu’ils rougissent, qu’ils se détournent : son plaisir ne s’excuse pas. Sa bouche devient arme, souffle, cri sans témoin.

    Le miroir vibre, le verre tressaute, la mouche s’écrase contre la vitre. Elle hésite, puis rature le dernier mot. Souffle

    Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine.

    On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943

    Voilà. Bref.

    Abdelghani Boudik

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    5 m
  • Paul Verlaine : à Aurélien Scholl
    Apr 1 2026

    Sous mes doigts tachés d’encre sur un ticket froissé, Verlaine revient à seize ans, à ce bachot qui semblait monstrueux, et à cette Denise glissée sous la table comme un secret trop chaud pour rester en surface. Il n’y avait pas que l’école : il y avait la clandestinité, les désirs nerveux, la complicité de l’interdit, une poussière de craie mêlée à l’odeur du vin renversé.

    Puis éclatait, comme une gifle joyeuse, ce cri qui coupait l’air : « Lui ! ». Dans la salle d’armes, Robert dessinait des ruses, des coups qui semblaient impossibles, et la bande d’élèves devenait une seule gorge hurlante. Et j’ai honte parfois de penser que ce cri, nous ne le saurions plus aujourd’hui, nous l’aurions remplacé par un sourire fatigué, un silence complice devant un écran trop pâle.

    Vient alors l’hommage adulte, où l’esprit de Scholl se dit en condiments : sucre, sel, poivre. Les mots comme aliments piquants, brûlants, nourrissants, jamais fades. Une phrase peut gifler et caresser, consoler et mordre, serrer la gorge et nourrir tout à la fois, jusqu’à ce que l’on ne sache plus si l’on veut la repousser ou s’y abandonner, jusqu’à ce que la langue elle-même devienne plaie et festin.

    Lui.

    Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine.

    On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943

    Voilà. Bref.

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    4 m
  • Aimer Césaire : à la mémoire d’un syndicaliste noir
    Mar 15 2026

    L’air de l’arrière-salle colle aux narines, odeur de canne fermentée et de sueur vieillie. Le métal du ventilateur grince encore d’un souvenir, mais c’est ta voix qui persiste, non ta parole : ton sourire. Il ruisselle comme sel et rosée, fissurant l’ombre, gravé dans la poussière des murs.

    Ton peuple avançait cabrouet hargneux, ventre affamé, reins de jurons, tiré par la boue. Coutelas, sabres, sang : la grève cognait, la terre hurlait. Toi, front paysan, arbre à pain sylvestre, imputrescible. Tu étais de la même sève que les marrons qui se perdaient dans la forêt, allumant leurs feux cachés comme des étoiles rustiques. On te lisait dans leurs chants rauques, frappés de tambours interdits, portés jusqu’aux dieux de bois noir.

    Je tremble en l’écrivant : aurons-nous la force de hisser encore ce printemps ? La fatigue m’écorche, le doute me serre la gorge. J’ai peur de te trahir par lassitude, peur de voir s’effondrer l’héritage, comme une mangue pourrie qu’on n’ose ramasser. C’est une honte, mais je l’avoue : le courage se fissure.

    Pourtant tu marches, pèlerin obstiné, personne n’ose barrer ta route. La lumière tu la redonnes, volcan saignant, feuilles tremblées, pierres encore tièdes. Elle ne caresse pas, elle brûle les paumes, elle tatoue les camarades, elle renaît dans chaque cri de foule, dans chaque tambour qui bat sous la nuit interdite.

    Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine.

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    Voilà. Bref.

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