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Poésie française

Poésie française

By: Jean-Paul Szybura
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Poésie françaiseJean-Paul Szybura Art
Episodes
  • Le mot (Victor Hugo)
    Mar 24 2026

    Braves gens, prenez garde aux choses que vous dîtes !
    Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;
    Tout, la haine et le deuil !
    Et ne m’objectez pas
    Que vos amis sont sûrs
    Et que vous parlez bas…
    Écoutez bien ceci :
    Tête-à-tête, en pantoufle,
    Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
    Vous dîtes à l’oreille du plus mystérieux
    De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
    Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
    Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
    Un mot désagréable à quelque individu.
    Ce mot, que vous croyez que l’on n’a pas entendu,
    Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,
    Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;
    Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
    Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
    De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
    Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !
    Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;
    Il suit le quai, franchit la place, et cætera
    Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
    Et va, tout à travers un dédale de rues,
    Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
    Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
    Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
    Et railleur, regardant l’homme en face dit :
    « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »
    Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

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    2 mins
  • Une allée du Luxembourg (Gérard de Nerval)
    Feb 9 2026

    Elle a passé, la jeune fille
    Vive et preste comme un oiseau
    À la main une fleur qui brille,
    À la bouche un refrain nouveau.

    C’est peut-être la seule au monde
    Dont le cœur au mien répondrait,
    Qui venant dans ma nuit profonde
    D’un seul regard l’éclaircirait !

    Mais non, – ma jeunesse est finie …
    Adieu, doux rayon qui m’as lui, –
    Parfum, jeune fille, harmonie…
    Le bonheur passait, – il a fui !

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    1 min
  • Complainte amoureuse (Alphonse Allais)
    Feb 3 2026

    Oui, dès l’instant que je vous vis,
    Beauté féroce, vous me plûtes ;
    De l’amour qu’en vos yeux je pris,
    Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
    Mais de quel air froid vous reçûtes
    Tous les soins que pour vous je pris !
    Combien de soupirs je rendis !
    De quelle cruauté vous fûtes !
    Et quel profond dédain vous eûtes
    Pour les vœux que je vous offris !
    En vain je priai, je gémis :
    Dans votre dureté vous sûtes
    Mépriser tout ce que je fis.
    Même un jour je vous écrivis
    Un billet tendre que vous lûtes,
    Et je ne sais comment vous pûtes
    De sang-froid voir ce que j’y mis.
    Ah! fallait-il que je vous visse,
    Fallait-il que vous me plussiez,
    Qu’ingénument je vous le disse,
    Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
    Fallait-il que je vous aimasse,
    Que vous me désespérassiez,
    Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
    Et que je vous idolâtrasse
    Pour que vous m’assassinassiez !

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    1 min
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