• Mamy Blue : l’histoire bouleversante derrière le tube de Nicoletta né en 1971
    Mar 30 2026
    Nous sommes le 1er février 1971.

    Happy Day pour Spagna. Elle a 15 ans. Elle enregistre la toute première version, en italien, d'un titre qui, quelques mois plus tard, va devenir un succès international en anglais et en français.

    Cette chanson, on la doit à Hubert Giraud. Il l'écrit en décembre 1970. Dans un embouteillage parisien.

    Voici la TOUTE première version de Spagna...

    Quelques mois plus tard, Phil Trim, chanteur des Pop-Tops, l'adapte en anglais. Ils vont à Londres pour l'enregistrer. Elle sort en juin 1971.

    Succès international immédiat.

    Hubert Giraud et le label Barclay se dépêchent. Ils veulent absolument faire enregistrer la version anglaise par un Français, Joël Daydé, pendant l'été. Cela se passe aux Olympic Studios, près de Londres.

    Ensuite, ils confient une version française à Nicoletta.

    C'est celle-là qui deviendra la plus populaire.... en France.

    Nicoletta racontera plus tard l'histoire derrière la chanson.

    Car Mamy ne veut pas dire mamie. Mamy, c'est Mommy. Maman.

    Nicoletta avait 19 ans quand elle a appris la mort de sa mère. Par un télégramme.

    Elle avait raconté cette anecdote à son producteur, le bras droit de Monsieur Barclay. Qui en avait parlé à l'auteur.

    Et la chanson est née de cette douleur, dans un embouteillage parisien.

    Avec le temps, "Mamy Blue" a dépassé son histoire personnelle.

    Le public a cru qu'il s'agissait d'une grand-mère aux yeux bleus.

    Nicoletta dira plus tard : "Mais c'est pas grave, parce que toutes les mamies françaises, qui ont les yeux bleus, on les appelle Mamy Blue. Avoir une chanson comme ça, qui rentre dans les familles, c'est merveilleux."

    Comble de l'ironie, quelques années plus tard, Dalida reprendra la chanson en italien, sur les paroles écrites à l'origine pour la toute jeune Spagna...
    Show more Show less
    3 mins
  • 1978 : Lino Ventura pris au piège dans "Un papillon sur l'épaule"
    Mar 27 2026
    Nous sommes le 3 mai 1978.

    Happy Day en deux temps dans les salles obscures de Belgique. C'est un Lino Ventura au sommet de son art qui porte le dernier film de Jacques Deray.

    "Un papillon sur l'épaule".

    Un homme. Un hôtel. Un cadavre. Et une mallette dont personne ne sait rien.

    L'histoire est celle de Roland Fériaud, homme d'affaires français, arrivé à Barcelone. Il doit y rester une semaine. À peine arrivé à l'hôtel, il découvre un cadavre dans la chambre voisine. Puis il est assommé. Il se réveille dans une clinique psychiatrique presque déserte. Un médecin, joué par Jean Bouise, le questionne avec insistance sur une mallette. Quelle mallette ? Il n'en sait rien.

    Le médecin lui assure qu'aucun meurtre n'a été commis à l'hôtel. Le lendemain, Roland quitte la clinique. Il retrouve sa femme à la gare. Change d'hôtel sans expliquer pourquoi. Et là, tout s'accélère.

    Nouveau cadavre. Coups de téléphone anonymes. Mallette mystérieuse. Enlèvement de sa femme. Règlement de comptes généralisé.

    Roland ne comprend rien. Il est pris dans une machination qui le dépasse.

    "Un papillon sur l'épaule" est l'une des rares tentatives françaises de rivaliser avec le cinéma paranoïaque américain. Jacques Deray s'inspire de Hitchcock. Le choix de Lino Ventura est inattendu. Presque à contre-emploi. Lui, le héros actif et puissant, devient ici un simple quidam ballotté d'un meurtre à un enlèvement.

    Autour de lui, des seconds rôles formidables. Jean Bouise, doucereux et inquiétant. Paul Crauchet et son papillon imaginaire. Nicole Garcia en épouse enlevée. Claudine Auger en femme à l'imperméable.

    Que contient la mallette ? Qui manipule qui ? On ne le saura jamais.

    À sa sortie, le film ne rencontre pas le succès immédiat. Première semaine : septième place du box-office. Mais la semaine suivante, retournement. Le film monte à la deuxième place. Il cumulera 218 mille entrées. Le bouche-à-oreille a fonctionné.

    "Un papillon sur l'épaule", c'est Lino Ventura à double-tour. C’est Barcelone transformée en espace étouffant... C’est aussi une musique inquiétante signée Claude Bolling.
    Show more Show less
    3 mins
  • 1966 : Eddy Wally et "Chérie"
    Mar 26 2026
    Nous sommes le 26 juillet 1966.

    Happy Day pour un chanteur de charme venu de Zelzate. À 34 ans, il va inscrire une chanson et un mot en français dans l'inconscient collectif de toute la Flandre. C'est peut-être même le premier grand tube de la chanson flamande contemporaine.

    Un mot. Un refrain. Et un costume paillettes. Nom de code : "Chérie".

    Eddy Wally est déjà très connu en Flandres. Mais là, on va passer un cap !

    La musique irrigue la famille d’Eddy depuis la nuit des temps. Son père, ouvrier dans une usine de goudron, joue aussi de l'accordéon. Il insiste pour qu'Eddy s'intéresse à la musique. Mais il meurt jeune.

    Eduard Van De Walle (c'est son vrai nom) arrête ses études. Il travaille dans une usine textile. Pendant les pauses, il joue de la guitare et il chante.

    Il se marie en 1956. Devient père en 1957. Quitte son emploi. Travaille dans la maroquinerie avec sa belle-mère.

    En 1959, retour du refoulé : il s'achète un accordéon. Et commence à jouer dans les cafés.

    Premier disque en 1964 : "Oh Gitana". Premier album en 1965 : "Ma Bella". Avec l'argent gagné, il fait construire un café-dancing à Ertvelde. D'abord appelé Eddy Wally's Texas Bar, il va devenir une institution : le Paris-Las Vegas.

    En juillet 1966, tout bascule. La chanson "Chérie" sort en single.

    Bien que la chanson soit en néerlandais, son refrain "Chérie, chérie, dans met mij de tango d'amoré" lui donne une dimension internationale

    Le succès est phénoménal. Oui oui, double disque de platine.

    Eddy Wally devient une star. Pas seulement en Flandre. Mais partout dans le monde.

    Sur scène, Eddy Wally porte des costumes étincelants. Brillants. Chers. Un style kitsch assumé. À tel point que sa garde-robe extravagante sera acquise en 2004 par le musée de la mode à Hasselt. 115 habits faits sur mesure. Chacun évalué à 5 000 euros.

    "Chérie" restera la chanson signature d'Eddy Wally pendant toute sa carrière.

    Elle sera rééditée. Et même remixée !

    Eddy Wally quittera la scène et rejoindra les étoiles en 2016... en disant, peut-être... "Chérie, chérie, dans met mij de tango d'amoré"
    Show more Show less
    3 mins
  • 1975 : Gérard Manset et "Il voyage en solitaire"
    Mar 25 2026
    Nous sommes le 16 octobre 1975.

    Happy Day pour un chanteur discret. Son nouvel album est un petit concentré de merveilles. Les chansons se parlent et se répondent. Gérard Manset nous emmène en voyage. Et surtout vers son premier et unique grand succès.

    Une chanson. Un titre. Quatre mots seulement.

    On y entre, à pas feutrés, un peu intimidés…

    Qui voyage en solitaire ?

    Un homme. Un rêveur. Peut-être un vagabond. Ou simplement quelqu'un qui a choisi de s'éloigner. De partir. De ne plus regarder en arrière.

    La chanson est composée en 1973. Enregistrée en avril 1974 dans un studio à Milan. Elle sort en 1975 sur l'album 'Y a une route', rebaptisé simplement 'Manset'.

    Au départ, elle s'appelle "Il chante la terre". Un titre provisoire. Moins évocateur. Moins libre.

    Et puis elle devient "Il voyage en solitaire".

    Une route, un départ, bienvenue dans une échappée belle... allez, osons le mot, une forme d'introspection en pleine période d'hystérie collective..

    Daniel Hamelin, producteur sur France Inter, découvre le titre en face B d'un 45 tours promotionnel. Il le programme. Encore et encore. Jusqu'à ce que la chanson soit enfin distribuée commercialement.

    C'est la magie de la radio dans les années 70. 300 000 exemplaires vendus. Dixième place dans les classements de la chanson française, même résultat en Belgique.

    Un triomphe pour un artiste qui n'en voulait pas vraiment.

    Car Gérard Manset n'aime pas la lumière. Il n'aime pas les plateaux télé. Il n'aime pas qu'on parle de lui.

    Alors, en réaction à ce succès qui le gêne, il enregistre en 1976 un album au titre révélateur : "Rien à raconter".

    Un pied de nez. Une manière de dire : laissez-moi tranquille. Je voyage en solitaire.

    Pendant ce temps "Il voyage en solitaire" poursuit son aventure. Reprise par Danielle Messia. Hervé Vilard. Florent Pagny. Cheb Mami. Et l'immense Alain Bashung. Chacun y mettra sa voix. Sa sensibilité. Comme un hommage à Gérard Manset. Chanteur. Peintre. Photographe. Écrivain. Mais surtout, un grand solitaire.
    Show more Show less
    3 mins
  • 1974 : Les Barbapapa débarquent à la télévision
    Mar 24 2026
    Nous sommes le 2 octobre 1974.

    Happy Day pour les enfants sages. Et les autres aussi, rassurez-vous. De nouveaux personnages vont stimuler leur imaginaire. Cet après-midi, à la télévision, on découvre les Barbapapa.

    Barbabapa nait un jour, dans le jardin de François et Claudine. Au départ, ce n'est qu'une petite boule dans la terre. Cette boule grossit. Et puis...

    Une forme ronde. Piriforme. Très colorée. Et surtout, capable de se transformer en n'importe quoi.

    "Hocus Pocus Barbapapa !"

    Et hop, Barbapapa devient échelle. Ou parapluie. Ou bateau. Ou ce que vous voulez.

    L'histoire commence quatre ans plus tôt.

    1970. Paris. Jardin du Luxembourg.

    Talus Taylor, biologiste américain de San Francisco, se promène avec Annette Tison, jeune architecte française qu'il a rencontrée deux ans plus tôt.

    Talus entend un enfant réclamer à ses parents quelque chose qui ressemble à "baa baa baa baa".

    Il ne comprend pas le français. Il demande à Annette. Elle lui explique : c'est de la barbe à papa.

    Une friandise. Rose. Toute en rondeur.

    Plus tard, tous les deux s'installent dans une brasserie. Sur une nappe en papier, ils imaginent un personnage inspiré par la friandise.

    Rose. Tout en rondeur. Capable de se transformer à volonté pour s'adapter à toutes les situations.

    Ils l'appellent, phonétiquement : Barbapapa.

    Le premier album sort en 1970 à L'École des loisirs.

    En 1974, la série animée arrive à la télévision.

    Production franco-nippo-américaine. 45 épisodes de 5 minutes.

    On découvre Barbapapa, Barbamama, et leurs sept enfants. Sans oublier Socrate, le chien de la famille.

    Chacun sa couleur. Chacun sa personnalité. Mais tous capables de se transformer.

    La série sera diffusée sur l'ORTF, puis rediffusée sur TF1.

    Les livres seront traduits dans plus de trente langues.

    Une deuxième série de 48 épisodes sera créée en 1977.

    Avec la même magie simple, qui a fortement marqué l'imaginaire de toute une génération, à la fin des années 70...
    Show more Show less
    3 mins
  • 1967 : The Temptations et "I Wish It Would Rain"
    Mar 23 2026
    Nous sommes le 21 décembre 1967.

    Drôle de date, mais sacré Happy Day pour un groupe américain qui bat pavillon Motown. Les Temptations parlent de la pluie en plein hiver. Et le succès ne va pas se faire attendre.

    "I Wish It Would Rain". Traduction ? J'aimerais qu'il pleuve.

    Avec l'incroyable voix de... David Ruffin…

    Derrière cette chanson et ce happy day, il y a pourtant une histoire tragique.

    Les paroles sont écrites par un parolier de la Motown. Il vient d'apprendre que sa femme le trompe. Dans sa douleur, il écrit deux chansons. "I Wish It Would Rain". Et "I Could Never Love Another".

    Deux chansons sur la séparation. Sur la tristesse et le chagrin.

    Une semaine après la sortie du 45 tours, le parolier se suicide.

    Il a 27 ans.

    La chanson est enregistrée le 22 avril et le 31 août 1967 au studio Hitsville à Detroit.

    Production de Norman Whitfield. Voix principale de David Ruffin.

    Un mélange de soul, de blues et LA touche Motown qui va grimper au sommet très rapidement.

    En février et mars 1968, "I Wish It Would Rain" atteint la quatrième place du Billboard. Et la première place du classement R&B. Pendant trois semaines. C'est un triomphe, surtout pour un titre aussi peu énergique…

    Les Temptations ne sont plus à présenter en 1967. Formés six ans plus tôt, ils deviennent rapidement l'un des groupes phares de la Motown. Cinq hommes black. Des harmonies vocales impeccables. Des chorégraphies millimétrées. Et... des costumes parfaitement repassés. Bref, la classe à Detroit !

    David Ruffin rejoint le groupe en 1964. Il chante "My Girl". Puis "Ain't Too Proud to Beg" en 1966. Et le point culminant sera : "I Wish It Would Rain" en 1967.

    La chanson sera reprise. Par Gladys Knight & the Pips. Mais aussi par Bruce Springsteen sur l'album "Only the Strong Survive".

    Et à chaque fois, derrière les paroles, l'histoire d'un homme brisé par l'amour, qui a écrit une chanson magnifique... avant de partir.
    Show more Show less
    3 mins
  • 1974 : "La Bonne Paye", le jeu des fins de mois
    Mar 20 2026
    Nous sommes le 6 décembre 1974.

    Happy Day pour Parker. L'entreprise a convaincu le Grand Saint-Nicolas de distribuer aux familles belges un tout nouveau jeu sur la gestion financière. Ce n'est pas le Monopoly. Non. C'est La Bonne Paye.

    Un plateau. Des dés. De l'argent factice. Et un mois entier à traverser.

    Même Bruno Crémer en est baba !

    Le concept est simple et génial.

    Le plateau représente un calendrier de 31 jours. Chaque case est un jour du mois. Avec ses bonnes et mauvaises surprises.

    Courrier. Factures. Loterie. Prêts. Anniversaire. Caisse électorale.

    Toute la vie de monsieur et madame Tout-le-Monde, comprimée sur un mois et étalée sur la table du salon.

    Ah oui, au bout du chemin, la case tant attendue : le Jour de Paye.

    On touche son salaire. On règle les factures accumulées. On rembourse les prêts. On voit si on a bien géré ou si on a vécu au-dessus de ses moyens.

    La Bonne Paye, ce n'est pas le Monopoly, je le disais.

    Dans le Monopoly, on bâtit un empire. On spécule. On écrase l'adversaire.

    Ici, on essaie juste de finir le mois sans être dans le rouge.

    Un peu comme… dans la vraie vie.

    Le jeu sort en 1974 chez Parker. Il dépasse les ventes du Monopoly durant ses premières années. Un exploit. Le message implicite est très années 70 : si tu veux t'en sortir, il faut gérer. Prévoir les pépins. Emprunter quand il faut. Et profiter des bonnes affaires.

    Un jeu de société, mais aussi un solide miroir de la société de consommation naissante... dont Saint-Nicolas n'a probablement pas mesuré la portée....
    Show more Show less
    2 mins
  • 1967 : Juliette Gréco et "Déshabillez-moi"
    Mar 19 2026
    Nous sommes le 26 juin 1967.

    Happy Day dans un studio parisien. Une chanson vient d'être enregistrée, qui va à la fois marquer les esprits et subir la censure. C'est un extrait de l'album "La Femme", que sortira bientôt... Juliette Gréco.

    Une chanson d'amour. Audacieuse. Sensuelle. Presque provocatrice.

    Avec une demande... assez pressante !

    L'histoire de cette chanson commence bien avant le studio.

    Robert Nyel, le parolier, est amoureux d'une strip-teaseuse d'un cabaret parisien. Il écrit le texte pour elle. Une déclaration d'amour très particulière. Très directe, aussi.

    Mais leur séparation met fin au projet.

    La chanson se retrouve sans interprète. Nyel la propose alors à Juliette Gréco.

    Elle lit le texte. Elle est séduite par le thème. Elle accepte.

    En studio, Gréco ajoute une touche personnelle. Une réplique finale… ironique.

    Quelques mois vont s'écouler entre l'enregistrement du 26 juin 1967 et la sortie du 45 tours en octobre de la même année.

    Les trois grandes radios françaises boycottent le titre. RTL. Europe n°1. Et France Inter. Aucune ne veut diffuser "Déshabillez-moi".

    Trop provocateur. Trop sensuel. Trop... Gréco.

    Et puis, le retournement.

    On interdit à Juliette Gréco de chanter la chanson dans l'émission "Télé Dimanche". L'interdiction est rendue publique. Et là, tout s'emballe.

    L'interdiction fait la publicité du titre. Tant et si bien que "Déshabillez-moi" devient début 1968 un immense succès de vente directe. Les radios capitulent. Ce sera l'unique tube radiophonique de toute la carrière de Gréco.

    D'ailleurs, jusqu’à la fin des années 70, lorsque Juliette Gréco interprètera "Déshabillez-moi" à la télévision, on affichera le carré blanc. Petit symbole qui signalait alors un programme enfant non admis.
    Show more Show less
    2 mins